1. Le Campo Santo (Auguste Barbier/Iambes et poëmes)
À M. A. Brizeux
Ô désolation, ô misère profonde !
Désespoir éternel pour les âmes du monde !
Sol de Jérusalem, que tant d’hommes pieux
Ont baigné de su...
2. Le Départ (Auguste Barbier/Iambes et poëmes)
Les Alpes ont beau faire et m’opposer leur dos,
Leurs glaciers verts et bleus aux terribles passages,
Et leurs pics décharnés où les sombres nuages
Viennent traîner le ventre et se mettre en lambeaux ;
3. Le Dernier temple (Auguste Barbier/Les Satires)
O races de nos jours, ô peuples ahuris,
Désertez les lieux saints et les sentiers prescrits,
Et vous, sombres moellons des vieilles cathédrales,
Du haut des airs roulez dans la main des vandales !
Partout il so...
4. L’Indifférence (Auguste Barbier/Les Satires)
Quand la France, épuisée aux luttes de la guerre
Et cherchant dans la paix un repos salutaire,
Essuya son épée et la mit au fourreau,
Muses et liberté, magnifique troupeau,
Parurent à ses ...
5. Les Embaumeurs (Auguste Barbier/Les Satires)
Les vieux égyptiens vénéraient fort les morts ;
Ils avaient même l’art de soustraire les corps
Au travail dévorant de la faux de Saturne.
Ils ne les mettaient point en cendres, dans une urne, ...
6. Le Rêve de monsieur Prudhomme (Auguste Barbier/Les Satires)
Ma femme, apportez-moi vite mon encrier
Et mes plumes, je veux coucher sur le papier
Le rêve éblouissant de grandeur et d’aisance
Que je viens tout d’un coup de faire pour la France
7. La Bonne tactique (Auguste Barbier/Les Satires)
Un matin, dégoûté de la rime indocile,
Dans un coin populeux de notre grande ville
J’errais, quand tout à coup s’élève une rumeur.
Un homme s’enfuyait en criant : au voleur !
...
8. Le Secret de bien des gens (Auguste Barbier/Les Satires)
L’atelier du Titien à Venise. Le peintre est à
son chevalet, et l’Arétin dans un fauteuil pose
pour son portrait.
9. La Statuomanie (Auguste Barbier/Les Satires)
Comme aux jours déclinants de l’empire de Rome,
La mode est aujourd’hui de jouer au grand homme,
De se donner, vivant, les airs d’un immortel
Et d’avoir comme un saint sa niche et son autel.
C’&eac...
10. La Cuve (Auguste Barbier/Iambes et poëmes)
Il est, il est sur terre une infernale cuve,
On la nomme Paris ; c'est une large étuve,
Une fosse de pierre aux immenses contours
Qu'une eau jaune et terreuse enferme à triples tours ;
C'est un volcan fum...