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LES VENDANGES DE LA MORT
Nous n’irons plus au bois cueillir les immortelles, Les fleurs se sont fanées et ne reviendront pas. Les oiseaux affligés les cachent de leurs ailes ; Rappelez-vous, demain, leur nom seul planera.
Nous n’écouterons plus la chanson des cigales. La féminine odeur des cheveux de la pluie Ne viendra plus napper le cuir de nos sandales Et la lune verra son reflet dans les puits.
Celui qui survivra après le crépuscule, Celui qui marchera sous les horizons bleus, Sait-il que, cette nuit, avide tarentule, La mort récoltera nos fruits les plus précieux ?
Sur l’océan glacé où les oiseaux frileux Frissonnent, soulevés au vol gelé du vent, S’envolera, bientôt, sous la voûte des cieux, La sève et la beauté, et l’âme d’un enfant.
Le faon ou la brebis, la pie ou l’hirondelle, Peu importe la cible au lanceur de couteau ! Que ce soit le renard ou la pâle gazelle, S’imprègnera de sang la flèche du bourreau.
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