Horizon embrumés d’où s’enfuit un quatuor dépenaillé Les ombres fragiles se terrent dans les replis des instants figés Momies dont la mémoire saturnale abrite la loi des ancêtres Il me souvient d’un hiver caduc où la neige filait les fenêtres
D’un écheveau surgi de l’invisible, image reproduite D’un hiver moiré aux fissures givrées Il me souvient reprit l’ombre des feux de la cheminées Et de cette fumée qui, libertine entreprenait le bois
Les aubes timorées hantaient les prés occultant leur inconduite Les arbres affaissés effeuillaient les bois De leurs doigts noueux ils inscrivaient le nom EERON EERON divinité sans âge maître des flammes
Il me souvient ,reprit une ombre ,des chants dorés Portés Sur un char aux notes ailées Partition d’un hiver à la cadence épuisée Les ombres se turent afin d’écouter la sonate du passé