J’ai battu la campagne
Jusqu’au sang
Elle a crevé dans
D’innommables souffrances
Et je traîne aujourd’hui
Sur les routes de France
Des remords douloureux
Ils ont mêlé leurs larmes
A l’eau tiède de l’étang
Sans doute préférant
Qu’elles stagnent
Dans un profond silence
Seulement perforé
Par des insectes bourdonnants
Ô cette crainte du fleuve
Qui charrie tout vers la mer
A cause du courant
La fille est superbe qui me sourit en coin
Les cheveux rouges au vent léger
Les yeux verts et le front dégagé
Un je-ne-sais-quoi
De Calimity Jane
En version
Revue et corrigée
Je l’avais reconnu
Penché à sa fenêtre
Edenté
La langue pendant
Légèrement de côté
Les yeux éraillés
La mine incertaine des vieux
Qui ne passeront
Plus toutes les saisons
De l’année à venir
Prenez le temps
D'observer dans le ciel
Les angelots joufflus
Mièvres à souhait
Qui survolent la ville
Comme une armée tranquille
De suppositoires ailés