Après moins de six mois passés loin de la lande
Où l'on jouait, Marie, ah ! que vous voilà grande !
N'était ce corset rouge et ces jupons rayés
Qui, trop courts à présent, m'ont laissé voir vos pieds,
Jamais je n'aurais dit : « Cette fille qui prie
Au calvaire, et s'en va vers l'église, est Marie. »
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Marie V ]
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Quand le temps sur nos fronts efface par degré
L'enfance et les reflets de cet âge doré,
Arrive la jeunesse avec toute sa sève ;
Et par un jet nouveau le corps monte et s'élève,
Et toujours monte ainsi, jusques à son été,
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Quand le temps sur nos fronts ]
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Souvent je me demande et je cherche en tout lieu
Ce qu'est Dieu sans l'amour, ou bien l'amour sans Dieu.
Aimer Dieu, n'est-ce pas trouver la pure flamme
Qu'on crut voir dans les yeux de quelque jeune femme ?
Dans cette femme aussi n'est-ce point ici-bas
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Souvent je me demande ]
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J'aime dans tout esprit l'orgueil de la pensée
Qui n'accepte aucun frein, aucune loi tracée,
Par delà le réel s'élance et cherche à voir,
Et de rien ne s'effraie, et sait tout concevoir ;
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J’aime dans tout esprit ]
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Un jour que nous étions assis au pont Kerlô
Laissant pendre, en riant, nos pieds au fil de l'eau,
Joyeux de la troubler, ou bien, à son passage,
D'arrêter un rameau, quelque flottant herbage,
Ou sous les saules verts d'effrayer le poisson
Qui venait au soleil dormir près du gazon ;
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Marie IV ]
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