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Dans le soir qui descend collant ses joues aux vitres,
Une mouche égarée vient frapper le carreau ;
Tombant sur le tapis, son corps en vain s’agite,
La voici qui s’entête et s’y cogne à nouveau.
Captive et indomptée, elle se rue, rebelle,
Dans la lumière bleue ; en un ultime assaut,
Rêvant de liberté, elle déploie ses ailes,
Mais, revient s’écraser au milieu du carreau.
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La mouche
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Nous n’irons plus au bois cueillir les immortelles,
Les fleurs se sont fanées et ne reviendront pas.
Les oiseaux affligés les cachent de leurs ailes ;
Rappelez-vous, demain, leur nom seul planera.
Nous n’écouterons plus la chanson des cigales.
La féminine odeur des cheveux de la pluie
Ne viendra plus napper le cuir de nos sandales
Et la lune verra son reflet dans les puits.
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Les vendanges de la mort
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Pour toi, j’allumerai des étoiles nouvelles
Et je déposerai l’arc-en-ciel dans tes mains ;
Pour toi, je cueillerai la rose la plus belle
Et lui déroberai, en secret, son parfum.
Pour toi, j’arrêterai la course des nuages
Et je t’inviterai au pays des merveilles,
Pour toi, j’affronterai tempêtes et orages,
Pour toi, je défierai les salves du soleil.
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Pour toi
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Je suis venu dans une étable,
Un lit de paille, une litière,
Dans cette vie abominable,
Entre les genoux de ma mère.
Abandonné sur le chemin,
Comme un paquet qu’on a jeté,
Aucun secours, aucune main
Ne sont venus me délivrer.
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Orphelin
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PETIT FRERE
Petit frère,
Laisse-moi d’imaginer !
Bien que tu ne sois jamais né,
Voici que je te parle ce soir,
Comme la belle à son miroir…
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Petit frère
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Viens chagrin, je t’invite, faisons quelques pas.
Nous glisserons charmés par les violons du bal
Et, pendu à mon cœur, tu me prodigueras
Tes baisers langoureux qui me font tant de mal.
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Guêt-apens
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Comme une eau de satin, cascade jaillissante
De la mélancolie d’un printemps suranné,
Dans les pourpres sillons de l’aube renaissante,
Vient se désaltérer au vent de mes pensées ;
Comme en quête d’ivresse où mon crayon s’égare,
Où l’écriture danse sur le papier froissé,
Distillant, dans mes yeux, un étrange regard
D’un poème d’hier qu’on ne peut effacer ;
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Comme...
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J’ai versé tant de pleurs sur cette sépulture !
J’ai erré si longtemps sans trouver le repos !
Car celui qui y gît, ma tendre déchirure,
Une nuit de décembre a épousé les flots.
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Epitaphe
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J’ai foulé, tant de fois, les routes, les chemins,
Les sentiers tapissés des lilas qui s’y posent,
J’ai contemplé, émue, les plus beaux des matins
Quand la rosée étreint et parfume les roses.
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Dernier voyage
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La lune mord le ciel et, une pluie d’étoiles
Tombant du firmament envahit mon poème ;
Le soir appesantit mes rimes qui se voilent,
Dans un demi-sommeil, mes songes les essaiment.
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La lune mord le ciel
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Dis-lui que le zéphyr a éteint la chandelle,
La source, qui vivait dans mes yeux, s’est tarie
Et qu’il n’en reste rien, pas même une parcelle,
Même les souvenirs heureux se sont enfuis.
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DIS-LUI
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Vois, le printemps pressé ne tient plus qu’à un fil :
Bâtissant son ourlet sur les cendres d’Avril,
Son aiguille sertit les épines des roses
Dans les sentiers battus qui se métamorphosent.
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Le printemps
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