la poésie et les poèmes de Louis-Hyacinthe Bouilhet
Song-Tchi-Ouen
Le vent avait chassé la pluie aux larges gouttes,
Le soleil s'étalait, radieux, dans les airs,
Et les bois, secouant la fraîcheur de leurs voûtes,
Semblaient, par les vallons, plus touffus et plus verts !
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La Pluie venue du mont Ki-Chan
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La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
N'ouvre qu'à Ching-tu-fu son calice odorant ;
Et l'oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.
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Le Tung-whang-fung
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Oh ! Votre voix sonnait brève, lente ou pressée,
Suivant les passions et les rhythmes divers,
Puis, s'échappant soudain légère et cadencée,
Sautait, comme un oiseau, sur les branches du vers !
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À ma belle lectrice
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Quand, sur le grand taureau, tu fendais les flots bleus,
Vierge phénicienne, Europe toujours belle,
La mer, soumise au Dieu, baisait ton pied rebelle,
Le vent n'osait qu'à peine effleurer tes cheveux !
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Europe
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Quand les Géants tordus sous la foudre qui gronde
Eurent enfin payé leurs complots hasardeux,
La terre but le sang qui stagnait autour d'eux
Comme un linceul de pourpre étalé sur le monde.
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Le Sang des Géants
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Sonnet
Quoi ! Sans te soucier de l'océan qui gronde,
Tu veux ta place à bord, sur mon vaisseau perdu ;
Et pour dire à Colomb qu'il a trouvé son monde,
Tu n'attends pas, enfant, qu'il en soit revenu !
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Confiance
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Quand chassés, sans retour, des temples vénérables,
Tordus au vent de feu qui soufflait du Thabor,
Les grands olympiens étaient si misérables
Que les petits enfants tiraient leur barbe d'or ;
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La Colombe
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Kuchiuk-Hanem
À Gustave Flaubert
Le Nil est large et plat comme un miroir d'acier
Les crocodiles gris plongent au bord des îles,
Et, dans le bleu du ciel, parfois un grand palmier,
Etale en parasol ses feuilles immobiles.
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Kuchiuk-Hanem
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Tout ce qui fut la terre a disparu dans l'onde ;
Les grands flots ont roulé sur le sommet des monts,
Et le vieux lit des mers, où germe un autre monde,
Sous le soleil nouveau sèche ses noirs limons.
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6
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O mondes disparus ! ô siècles ! ô ruines !...
Comme le voyageur au versant des collines
S'arrête, et voit sous lui s'allonger à la fois
Les vallons frémissants, les fleuves et les bois...
Science universelle ! immuable pensée,
A vos plus fiers sommets mon âme s'est bercée !
Et, cherchant du passé les chemins inconnus,
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O mondes disparus ! ô siècles ! ô ruines !...
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