la poésie de Pierre Jean de Béranger
Mai 1813
Il était un roi d'Yvetot
Peu connu dans l'histoire ;
Se levant tard, se couchant tôt,
Dormant fort bien sans gloire,
Et couronné par Jeanneton
D'un simple bonnet de coton,
Dit-on.
Oh ! oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah ! ah !
Quel bon petit roi c'était là !
La, la.
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Le roi d'Yvetot
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Je viens revoir l'asile où ma jeunesse
De la misère a subi les leçons.
J'avais vingt-ans, une folle maîtresse,
De francs amis et l'amour des chansons.
Bravant le monde et les sots et les sages,
Sans avenir, riche de mon printemps,
Leste et joyeux je montais six étages.
Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans !
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Le grenier
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Toujours prophète, en mon saint ministère,
Sur l'avenir j'ose interroger Dieu.
Pour châtier les princes de la terre,
Dans l'ancien monde un déluge aura lieu.
Déjà, près d'eux, l'Océan sur ses grèves
Mugit, se gonfle: il vient, maîtres, voyez !
Voyez, leur dis-je. Ils répondent: Tu rêves.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.
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Air des Trois couleurs
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Non, non, vous ne passerez pas,
Crie un soldat sur la frontière
A ceux qui de David, hélas !
Rapportaient chez nous la poussière.
Soldat, disent-ils dans leur deuil,
Proscrit-on aussi sa mémoire ?
Quoi ! vous repoussez son cercueil,
Et vous héritez de sa gloire !
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Le convoi de David
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Vivandière du régiment,
C'est Catin qu'on me nomme.
Je vends, je donne et bois gaîment
Mon vin et mon rogome.
J'ai le pied leste et l'oeil mutin,
Tintin, tintin, tintin, r'lin tintin ;
J'ai le pied leste et l'oeil mutin :
Soldats, voilà Catin !
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La vivandière
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PREMIER GRENADIER.
A notre poste on nous oublie.
Richard, minuit sonne au château.
DEUXIEME GRENADIER.
Nous allons revoir l'Italie.
Demain, adieu Fontainebleau !
PREMIER GRENADIER.
Par le ciel ! que j'en remercie,
L'île d'Elbe est un beau climat.
DEUXIEME GRENADIER.
Fût-elle au fond de la Russie,
Vieux grenadier, suivons un vieux soldat.
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Les deux Grenadiers
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Là viendront les villageois
Dire alors à quelque vieille :
Par des récits d'autrefois,
Mère, abrégez notre veille.
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Souvenirs du peuple
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Salut ! petit cousin germain ;
D'un lieu d'exil j'ose t'écrire.
La Fortune te tend la main ;
Ta naissance l'a fait sourire.
Mon premier jour aussi fut beau ;
Point de Français qui n'en convienne.
Les rois m'adoraient au berceau ;
Et cependant je suis à Vienne !
Et cependant je suis à Vienne !
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Les deux cousins
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Chrétien au voyageur souffrant
Tends un verre d'eau sur ta porte!
Je suis, je suis le Juif-errant
Qu'un tourbillon toujours emporte!
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Le Juif-errant
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Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime!
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans je te brosse moi-même,
Et Socrate n'eut pas fait mieux!
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Mon habit
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