Les poésies de William Chapman auteur et poète canadien du 19 et 20ème siècle
À M F. Lhomme, auteur
de la « Comédie d’aujourd’hui »
C’est un fou, c’est un fou que nul ne peut guérir.
Tout enfant, il passait de longs jours à courir
Dans les prés, dans les bois, au bord des précipices.
La solitude a fait en lui germer des vices,
Et dans les chants du nid, dans les souffles du vent,
Dans les cris de la foudre et du gouffre mouvant,
Dans les feux du soleil, dans l’ombre des feuillages,
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Le Fou
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sur le don de cent mille dollars qu’il a fait à la ville d’Ottawa pour la fondation d’une bibliothèque publique
Comme l’aigle, planant sur les plus fiers sommets,
Fixe l’astre brûlant, et ne répond jamais
Aux cris du paon rempli de stupide insolence,
Le poète inspiré, dominant tous les fronts,
Dans son vol glorieux, dédaigne les affronts
Que lui jette parfois une sotte opulence.
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À M. Andrew Carnegie
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Depuis longtemps, épris des choses du passé,
Dans votre noble cœur vous aviez caressé
L’espoir de contempler les forêts et les grèves
Où, poursuivant toujours son rôle glorieux,
Durant un siècle entier, la France des aïeux,
Pour fonder un empire, a combattu sans trêves.
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À M. le Marquis de Lévis et À M. le Marquis de Nicolay
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Amant des grandes eaux, des vastes horizons,
Dans l’âme te sentant la flamme des Jasons,
Tu brûles de voguer vers la zone lointaine
Qui vit sombrer, hélas ! tant de puissants agrès,
Et, pour collaborer à l’œuvre du progrès,
Tu vas risquer tes jours, ô vaillant capitaine !
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À M. le capitaine J.-E. Bernier
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L’Amérique a produit, brave autant que féconde,
Ces marins dont l’échec émeut encor le monde,
Et que la gloire, au front toujours grave et serein,
Fit asseoir au milieu de son temple d’airain.
Quand ces audacieux, croyant à leur étoile,
Eurent à l’âpre vent des mers ouvert la voile,
Qu’ils eurent salué les grands arbres ombreux
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Les Marins de la « Jeannette »
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À M. le capitaine H. Suisse
commandant du croiseur D’Estrées
Ainsi que des aiglons, penchés sur l’onde amère,
Frémissent de plaisir en croyant voir leur mère
Dans une aile qui rase un grand flot argenté,
Dés que sur nos eaux point une voile française,
Nous sentons, commandant, nos cœurs tressaillir d’aise,
Nous sentons un frisson d’amour et de fierté.
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Navis patriae
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qui a traduit en vers anglais deux de mes poésies
Barde, à ton large front rayonne la fierté
Des têtes que le feu de l’idéal entoure,
Et l’on sent tressaillir sur ton luth enchanté
Le souffle d’Ossian et le rythme de Moore.
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Au docteur J.-K. Foran
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À Sa Majesté Marie-Christine,
Reine régente d’Espagne
à propos de la guerre hispano-américaine
Vous avez recueilli des mains d’un roi mourant
― Qui chérissait en vous la perle des compagnes,
Et qui de ses sujets fut le doux conquérant ―
Le sceptre altier sous qui bat le cœur des Espagnes.
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À Sa Majesté Marie-Christine
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D’un amour infini vous brûlez pour l’Église,
Par le flot du progrès vous êtes emporté ;
En deux sublimes parts votre âme se divise :
L’une appartient au Christ, l’autre à l’humanité.
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Au Curé Labelle
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Tu ne te souviens pas d’avoir vu le soleil
Qui dore l’horizon, le flot, l’arbre, la pierre,
Car le destin ferma pour toujours ta paupière,
Sitôt qu’elle eut souri dans ton berceau vermeil.
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À Eugénie Tessier
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Quand l’archet palpitant fait ruisseler les sons
Du stradivarius pressé sur ta poitrine,
Il coule de ton bras comme une onde divine
Qui jette dans les cœurs de sublimes frissons.
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À Oscar Martel
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Prestigieux rival des grands maîtres d’Europe,
Poitrinaire à la fois viril et défaillant,
Tu fus un être unique, et le cœur d’un vaillant
Battait robustement sous ta frêle enveloppe.
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À Chopin
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