O poète trop prompt à te laisser charmer,
Si cette douce enfant devait t'être ravie,
Et si ce coeur en qui tout le tien se confie
Ne pouvait pas pour toi frémir et s'animer ?
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Serment
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Quand vous me montrez une rose
Qui s'épanouit sous l'azur,
Pourquoi suis-je alors plus morose ?
Quand vous me montrez une rose,
C'est que je pense à son front pur.
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Romance
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Mais je l'ai vu si peu ! disiez-vous l'autre jour.
Et moi, vous ai-je vue en effet davantage ?
En un moment mon coeur s'est donné sans partage.
Ne pouvez-vous ainsi m'aimer à votre tour ?
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Réponse
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La douleur aiguise les sens ;
- Hélas ! ma mignonne est partie ! -
Et dans la nature je sens
Une secrète sympathie.
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Pitié des choses
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Hélas ! la chimère s'envole
Et l'espoir ne m'est plus permis ;
Mais je défends qu'on me console.
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Orgueil d'aimer
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Souvent, lorsque la main sur les yeux je médite,
Elle m'apparaît, svelte et la tête petite,
Avec ses blonds cheveux coupés courts sur le front.
Trouverai-je jamais des mots qui la peindront,
La chère vision que malgré moi j'ai fuie ?
Qu'est auprès de son teint la rose après la pluie ?
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La mémoire
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Enfant blonde aux doux yeux, ô rose de Norvège,
Qu'un jour j'ai rencontrée aux bords du bleu Léman,
Cygne pur émigré de ton climat de neige !
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Invocation
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Dans les nuits d'automne, errant par la ville,
Je regarde au ciel avec mon désir,
Car si, dans le temps qu'une étoile file,
On forme un souhait, il doit s'accomplir.
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Etoiles filantes
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Dans le faubourg qui monte au cimetière,
Passant rêveur, j'ai souvent observé
Les croix de bois et les tombeaux de pierre
Attendant là qu'un nom y fût gravé.
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Epitaphe
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Quand de la divine enfant de Norvège,
Tout tremblant d'amour, j'osai m'approcher,
Il tombait alors des flocons de neige.
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En automne
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Triste exilé, qu'il te souvienne
Combien l'avenir était beau,
Quand sa main tremblait dans la tienne
Comme un oiseau,
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Chanson d'exil
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À mes jeunes camarades, aux équipiers du Club nautique de Chatou
Jadis, la Seine était verte et pure à Saint-Ouen,
Et, dans cette banlieue aujourd’hui sale et rêche,
J’ai canoté, j’ai même essayé de la pêche.
Le lieu semblait alors champêtre. Que c’est loin !
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À mes jeunes camarades
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