Dites moi Soupir doux-flottant
Sortant du sein de ma Maîtresse,
Mon Cœur qui pour elle me laisse
Est il gaillard ou mal-content ?
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Dites moi Soupir doux-flottant
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Si je commande à mon Œil,
Qu’il ferme sa double porte :
Pour ne voir plus le Soleil
Dont la Beauté me transporte :
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Si je commande à mon oeil
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Adieu jardin plaisant, doux objet de ma vue :
Je prends humble congé de l’émail de vos fleurs,
De vos petits Zéphyrs, de vos douces odeurs,
De votre ombrage frais, de votre herbe menue.
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Adieu jardin plaisant, doux objet de ma vue
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Ne me regardez point, je vous suppli’ madame,
Détournez de vos yeux la trop vive splendeur :
Quand vous me regardez leur violente ardeur
S’écoulant par les miens me brûle dedans l’âme.
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Ne me regardez point, je vous suppli’ madame,
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Allons mon pauvre cœur bien loin de la Cité
Dedans quelque désert, fuyons la compagnie
De nos plus chers amis, cherchons la Tyrannie
Des Ours, Tigres, Lions pleins d’inhumanité :
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Allons mon pauvre cœur bien loin de la Cité
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Charite l’an se change et vous ne changez pas,
La terre s’envieillit et puis se renouvelle :
Mais vous êtes mon cœur d’une essence immortelle,
Qui ne craint les efforts du temps ni du trépas.
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Charite l’an se change et vous ne changez pas,
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Ouvrez-moi, Sincero, de vos pensers la porte.
Je désire de voir si l'amour de son trait
Vous engrave aussi bien dans le coeur mon portrait
Comme votre beau vers à mes yeux le rapporte.
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Ouvrez-moi, Sincero, de vos pensers la porte
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Bouche dont la douceur m'enchante doucement
Par la douce faveur d'un honnête sourire,
Bouche qui soupirant un amoureux martyre
Apaisez la douleur de mon cruel tourment !
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Bouche dont la douceur m'enchante doucement
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Rien n'est plus différent que le somme et la mort,
Combien qu'ils soient issus de même parentage ;
L'un profite beaucoup, l'autre fait grand dommage,
De l'un on veut l'effet, de l'autre on craint l'effort.
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Antithèse du somme et de la mort
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