Le poète et les poésies de Jean Godard
À l’heure que Madame en homme se déguise,
Une toque portant sur ses cheveux dorés,
Elle semble un Adon aux yeux noirs admirés,
Ou un nouveau Pâris ou quelque jeune Anchise,
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À l’heure que Madame en homme se déguise
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Comme Flore tapissoit
Un jour Amour l'aperçoit,
Il lui fit la connaissance,
Ce petit nain qui m'occit,
Puis auprès d'elle il s'assit
Pour deviser à plaisance.
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Comme Flore tapissoit
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En dormant cette nuit, je songeai que ma dame,
Ainsi comme j'allais me promener aux champs,
Était en une prée où sa voix et ses chants
Donnaient aux champs voisins une oreille et une âme,
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En dormant cette nuit, je songeai que ma dame
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Feux déliens, ainsi qu'il, vous plaira,
Faites flamber vos lampes allumées,
Guidez les jours et les nuits assommées
De coi sommeil, comme il vous semblera !
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Feux déliens, ainsi qu'il, vous plaira
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Hier après dîner, trois heures environ,
Je surpris en dormant dans sa chambre m'amie.
La perleuse sueur de sa face endormie
Allait le long du sein roulante en son giron.
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Hier après dîner, trois heures environ
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Stances
Je me répute heureux, pour avoir emporté
À la fin ce portrait, où votre grand beauté
Revit fécondement par la vive peinture
D'un maître très expert, qui dedans son tableau
A si bien retracé votre visage beau
Qu'il semble entièrement ouvrage de Nature.
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Je me répute heureux, pour avoir emporté
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Je ne sais à quoi vous pensez
De porter si riche coiffure
Dessus vos cheveux agencés
Par art, par ordre et par figure ;
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Je ne sais à quoi vous pensez
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Je voudrais être ainsi comme un Penthée,
Nouveau toureau pour me voir déchiré
De la dent croche et de l'ongle acérée
D'une panthère à la peau tachetée.
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Je voudrais être ainsi comme un Penthée
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Le ciel est bien cruel de faire les uns naître
Monarques souverains, princes et empereurs,
Les autres artisans, vignerons, laboureurs,
Et bergers qui aux champs mènent les brebis paître.
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Le ciel est bien cruel de faire les uns naître
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Levez-vous, Soleil de mon âme,
Votre clarté plus ne me luit ;
Chassez mon froid par votre flamme,
Par vos rais l'ombre de ma nuit.
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Le Soleil de l'Âme
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Les champs enfarinés de neige éparpillée
Sont tapissés de blanc, et les arbres couverts
De gros monceaux neigeux tremblent presque à l'envers,
Borée galope en l'air comme à bride avalée.
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Les champs enfarinés de neige éparpillée
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Mère des Dieux, brune chasse-lumière,
Au moite sein, au carrouse tiré
De noirs chevaux, qui du pôle éthéré
Répands un Lèthe à la source sommière,
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Mère des Dieux, brune chasse-lumière
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