poème et poésie de Pernette du Guillet
Que d'avoir mal pour chose si louable,
Comme à chacun son grand contentement,
Tout bon esprit (tant soit peu raisonnable)
Le pourra croire, et par bon jugement.
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Que d'avoir mal pour chose si louable
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Je suis tant bien que je ne le puis dire,
Ayant sondé son amitié profonde
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Je suis tant bien que je ne le puis dire
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L'âme et l'esprit sont pour le corps orner,
Quand le vouloir de l'Eternel nous donne
Sens et savoir pour pouvoir discerner
Le bien du bien que la raison ordonne.
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L'âme et l'esprit sont pour le corps orner
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Pour contenter celui qui me tourmente,
Chercher ne veux remède à mon tourment :
Car en mon mal voyant qu'il se contente,
Contente suis de son contentement
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Le grand désir du plaisir admirable
Se doit nourrir par un contentement
De souhaiter chose tant agréable.
Que tout esprit peut ravir doucement.
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Le grand désir du plaisir admirable
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L'heure de mon mal, enflammant le désir,
Fit distiller deux cœurs en un devoir :
Dont l'un est vif pour le doux déplaisir,
Qui fait que mort le tient en son pouvoir.
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L'heure de mon mal, enflammant le désir
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Le Corps ravi, l'Âme s'en émerveille
Du grand plaisir qui me vient entamer,
Me ravissant d'Amour, qui tout éveille
Par ce seul bien, qui le fait Dieu nommer.
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Le Corps ravi, l'Âme s'en émerveille
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Comme le corps ne permet point de voir
À son esprit, ni savoir sa puissance :
Ainsi l'erreur, qui tant me fait avoir
Devant les yeux le bandeau d'ignorance,
Ne m'a permis d'avoir la connaissance
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Comme le corps ne permet point de voir
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Si tu ne veux l'anneau tant estimer,
Que d'un baiser il te soit rachetable,
Tu ne dois pas, au moins, si peu l'aimer,
Qu'il ne te soit, non pour l'or acceptable,
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Si tu ne veux l'anneau tant estimer
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Plus je désire, et la fortune adverse
Moins me permet que puisse celui voir,
A qui elle eut par mainte controverse
Fait maint ennui, si ne fut son savoir,
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Plus je désire, et la fortune adverse
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Jà n'est besoin que plus je me soucie
Si le jour fault, ou que vienne la nuit,
Nuit hivernale, et sans lune obscurcie :
Car tout cela certes rien ne me nuit,
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Jà n'est besoin que plus je me soucie
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R, au dizain toute seule soumise
M'a à bon droit en grand doutance mise
De mal en bien, que par R on peut prendre,
Car, pour errer, R se peut comprendre,
Signifiant que le lot qu'on me prête,
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R, au dizain toute seule soumise
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