Perdus dans une aura de feuilles rousses
Les arbres s’inquiètent des prémices de l’automne
Comment ! Dirent d’aucuns, l’été a pavoisé
Les aubes se délassaient, les nuits se dévêtaient
Déjà l’air s’est affadi de parfums lourds annonciateurs
De pluies régicides, de vent perfide, masque menteur
Savourez, mes frères, ces instants sensoriels où l’âme
Se mue en plainte muette repliée dans une attente
Les arbres s’habillent, mordorés et inquiets
Craignons les précoces givres matinales
Les branches déploient leur univers abyssal
Les couleurs se perdent dans une intrigue fatale
Les feuilles dissuadent leur inconstance
Au gré de leur humeur, elles tourbillonnent
Saturées de liberté enivrées de libertinage
Elles s’abandonnent au bras volage du vent
Raymonde verney
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